Vie de couple,  Vie de famille

Et si on faisait un bébé? Toi, la PMA et moi…

Aujourd’hui, je prends mon courage à deux mains, pour vous parler de notre parcours de PMA (Procréation Médicalement Assisté). Peut-être que vous le savez ou pas, mais nous avons eu recours à la PMA pour avoir nos deux garçons. Même si nous ne nous en sommes jamais cachés et que ce n’est pas (…plus) un sujet tabou pour nous, ce n’est pas pour autant que c’est évident à vivre,…

Avant de raconter notre parcours, je tiens à préciser que ce que je vous confie ici, c’est totalement personnel . Chaque couple en fonction de son histoire et de sa problématique vivra le parcours bien différemment.

Tout commence en avril 2013 . Nous allons nous marier dans quelques mois, ma plaquette de pilule arrive à sa fin, on se dit que c’est le bon moment pour avoir un enfant.

Fin mai, j’ai rendez-vous avec une gynécologue, je lui parle de notre projet, elle me prescrit une prise de sang pour un bilan hormonal et me prescrit de l’acide folique* en prévision d’une grossesse. En parallèle de tout ça, on finalise de préparer notre mariage, ce qui m’accapare totalement l’esprit. Puis on se marie en Aout 2013. Avec tout ça, je n’ai pas du tout suivi mes cycles et je ne sais même pas dire à quand remonte mes dernières règles d’autant plus qu’après sept années de pilules mes cycles sont totalement aléatoires, ce qui fait que quand on arrive fin septembre, j’apprends que je suis enceinte au moment même où je fais une fausse couche … A part quelques crampes abdominales, physiquement je le vis plutôt bien. Je me dis que c’est un mal pour un bien, que si ça a marché, ça remarchera surtout que cela fait 5mois depuis l’arrêt de la pilule….. Sauf que les mois passent sans signes de nouvelle grossesse….

En février 2014, mon médecin généraliste, me prescrit de nouveau de l’acide folique et de l’homéopathie pour essayer de « booster » mon corps. Une année s’écoule et toujours rien… Moralement j’ai de plus en plus de mal, les annonces de grossesse autour de moi me font l’effet d’une bombe…. Je me réjouis et je garde le sourire mais je pleure dès que je suis chez moi dans ma bulle.  Surtout qu’à ce moment là, personne n’est au courant de notre envie d’enfants…

En Janvier 2015, je commence un suivie avec une nouvelle gynécologue. Chaque mois, je la vois pour faire un point sur le cycle écoulé, on fait une échographie de contrôle afin de vérifier l’utérus, les ovaires et les signes d’une ovulation, afin de repérer la période la plus propice. Je lui confie aussi mes inquiétudes du fait que cela fait deux ans qu’on essaie d’avoir un bébé. Je ne me sens pas écouté, elle me dit que tout va bien, me sort les statistiques, et me donne un rendez-vous pour le mois prochain…. Cela ne me suffit plus… Mon moral est de plus en plus mal. Je décide donc d’entamer une psychothérapie car je ne me sens bien ni dans ma tête, ni dans mon corps que je déteste chaque jour un peu plus…. Grâce à elle, nous prenons la décision de prendre rendez-vous dans un centre de PMA . Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre mais en fait nous voulons un enfant donc on fait ce qu’il y a à faire.

Notre premier rendez-vous a lieu en Octobre 2015. Avant l’entretien, on remplit un questionnaire, sur nos mode de vie et notre historique médical. Le médecin que nous rencontrons nous explique les différents parcours PMA et nous présente les différentes étapes qui nous attendent.

La première étape nous devons faire plusieurs examens santé : prise de sang pour tous les deux, hystérosalpingographie* (*voir lexique en fin d’article) et échographie pour moi et spermogramme* pour mon mari. Tout est ok pour nous deux. Nous enchainons donc directement sur un premier cycle de suivi avec une simulation ovarienne, des échos de contrôle, et des rapports programmés. Oui oui vous avez bien lu « rapports programmés »! C’est le genre de belle découverte qu’on fait pendant le parcours de PMA !!

Échec de ce premier cycle . Pas de grossesse en vu donc examens supplémentaires pour moi dont un test de Hühner* qui consiste à avoir un rapport programmé (encore un…!!) puis le lendemain aller en laboratoire pour faire un prélèvement vaginal. Les premiers temps, vous êtes réellement gênés et mal à l’aise par tout ce manque d’intimité mais mine de rien on s’y fait plutôt rapidement car on se dit que c’est pour la bonne cause.

On fait donc un cycle de pause en attendant les résultats. Puis vient le jour des résultats. Il y a des jours dans votre vie positif ou négatif dont vous vous rappelez toute votre vie et celui-ci en fait partie. Je visualise encore l’endroit où j’étais et avec qui quand j’ai reçu le coup de fil m’annonçant les résultats. Le médecin m’annonce que j’ai une glaire cervicale (pertes blanches) trop acide et que le test a révélé qu’aucun spermatozoïdes ne survit dans cet environnement hostile . On fixe aussitôt un nouveau rendez-vous pour parler de la suite (on est début décembre le prochain rendez-vous sera en février 2016). Je raccroche et je m’effondre en larmes. A ce moment là, je ne pense pas à la suite, ni aux options qui s’offrent à nous. Je me sens seulement vide et inutile comme si je n’étais pas digne d’être une femme puisque je ne suis pas capable de tomber enceinte naturellement….  Je culpabilise aussi de faire vivre ça à mon mari…

Début février 2016, on a notre rendez-vous en PMA. L’option qu’on nous propose c’est l’IAC * : insémination artificielle avec sperme de conjoint, qui consiste à injecter les spermatozoïdes directement dans l’utérus afin de dépasser la barrière de la glaire cervicale. On nous explique qu’il y a 25% de chances de réussites par tentatives et que six sont remboursées par la sécurité sociale.

On se lance donc dans ce premier protocole , le voyant comme un test d’essai et de découvertes. Pour ma part, je n’y met pas trop d’espoir alors que mon chéri toujours optimiste y croit.

Un infirmier vient tous les jours pour me faire les injections puis mon chéri apprends à me les faire. Dès le lendemain des injections je commence à avoir les premiers effets secondaires : dégouts alimentaires, dégout des odeurs, fatigue intense, émotions décuplées, pleurs inexpliqués. Mais je le vis plutôt bien pour le moment me raccrochant toujours à l’idée que c’est pour la bonne cause.

Pour la petite anecdote, le jour et à l’heure du déclenchement de l’ovulation, la veille de l’insémination, mon mari se met à vomir tripes et boyaux. Je me dis alors d’autant plus que l’insémination sera un échec puisque chéri est malade.

Le jour de l’insémination , on a un premier rendez-vous à 8h au laboratoire pour le don de sperme . On récupère l’échantillon quelques heures plus tard puis on a rendez-vous au service de PMA pour l’insémination. Suite à ça, pas de précautions particulières. On me prescrit des ovules vaginales de progestérone à prendre tous les soirs. Il ne reste plus qu’à patienter 15 jours jusqu’à la prise de sang. Durant cette période d’attente, nous trouvons le temps long. Je ne me fais pas trop d’espoir toutefois mon chéri est persuadé que je suis bel et bien enceinte car il me voyait m’endormir à 18h sur le canapé.

15 jours plus tard, je vais au laboratoire pour ma prise de sang. Je ne comprends pas les résultats ou plutôt je ne veux pas comprendre  tellement je suis choquée car le résultat est positif. Et pourtant je n’arrive pas à y croire, je pense faux positif, fausse couche,… Ça me semble trop facile que cela ait fonctionné dès la première fois…. 48h plus tard, je fais de nouveau une prise de sang qui confirme bel et bien la grossesse. Cinq semaines plus tard,  de nouveau rendez-vous en PMA pour faire une échographie de contrôle pour vérifier que la grossesse évolue bien! Tout va bien, on voit le cœur de notre bébé . Comme tout va bien, on nous oriente vers un suivi classique.

La première fois qu’on a franchi les portes de la PMA, on était à la fois effrayé et plein d’espoir, cette fois on repart le cœur plus léger et heureux.

3ans après l’arrêt de la pilule, me voilà enceinte .

 

*Lexique de de PMA :

  • L’acide folique , ou vitamine B9, participe à de nombreuses fonctions de notre corps et plus particulièrement à la production du matériel génétique (comme l’ADN, par exemple), la division cellulaire, la formation des globules rouges, ou encore le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire. Indispensable à la production de nouvelles cellules, elle est donc particulièrement importante durant la grossesse.
  • Lhystérosalpingographie est un examen radiographique permettant d’observer l’utérus (= hystéro) et les trompes de Fallope (= salpingo) grâce à un produit de constate, opaque aux rayons X, injecté dans la cavité utérine.
  • Un spermogramme est un examen médical au cours duquel sont analysées les différentes caractéristiques du sperme, généralement dans le cadre d’un bilan d’infertilité d’un couple et dans le suivi de la contraception masculine thermique.
  • Le test de Hühner est un test réalisé dans le cadre du bilan d’infertilité du couple. Celui-ci a pour but l’étude de la glaire cervicale et de son hospitalité vis à vis des spermatozoïdes du conjoint. Il permet de dépister une pathologie de la glaire cervicale, de préciser les caractéristiques de mobilité des spermatozoïdes in vivo et de rechercher une incompatibilité immunologique entre le sperme et le mucus.
  • Protocole pour Insémination Artificielle avec sperme de Conjoint

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :