Vie de couple,  Vie de famille

Le jour où on a voulu un deuxième enfant… Retour en PMA.

Si vous ne connaissez pas notre parcours, je vous laisse aller lire la première partie dans cet article là : Et si on faisait un bébé? Toi, la PMA et moi…

Avec mon mari, nous avons toujours voulu plusieurs enfants et si possibles rapprochés, ce qui fait que je n’ai pas repris de contraceptif après la naissance de Flavien. Quand autour de nous on disait que nous avions eu Flavien grâce à la PMA, nous avions eu beaucoup de retour nous disant « ah mais fais attention moi je connais quelqu’un qui est passé par là et après elle est tombé enceinte naturellement ». Nous l’avions entendu tellement fois que je voyais ce message comme porteur d’espoir. Même si je savais par quoi nous étions passés, inconsciemment je rêvais d’une grossesse naturelle.

Puis rapidement quand Flavien a eu un an (décembre 2017), comme nous voulions des enfants rapprochés, nous avons décidé de nous tourner de nouveau vers la PMA. J’ai eu mon premier rendez-vous quelques mois plus tard en mars 2018. Nous n’avons pas eu besoin de refaire tous les tests que nous avions déjà fait au préalable. Le médecin nous a refait faire uniquement les prises de sang pour faire vérifier nos sérologies, puis nous sommes repartis exactement pour le même protocole, c’est à dire une IAC, Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint. Je recommence les injections fin avril, puis le 9 mai, nous faisons l’insémination. 15 jours plus tard, je fais ma prise de sang et mon taux est positif. Nous sommes fous de joie car le résultat est positif mais le taux et très très faible. Je refais donc une prise de sang 48h plus tard. Le taux est toujours bas mais il a doublé donc nous sommes tellement ravis! Quelques jours plus tard, nous partons en vacances pour la première fois tous les 3! Nous sommes sur notre petit nuage.

Au retour des vacances, j’ai rendez-vous pour mon échographie de contrôle au centre de PMA. Lors de l’échographie, nous voyons bien qu’il y a une poche, mais nous ne voyons pas d’embryon. Le médecin nous dit que c’est un peu tôt et que ce n’est pas inhabituel, elle m’envoie faire une prise de sang et me donne rendez-vous 10 jours plus tard. Dix jours plus tard, de nouveau une échographie, il y a toujours une poche, mais toujours pas d’embryons même si le taux continue d’augmenter. Le médecin me parle alors d’œuf clair c’est à dire que l’embryon ne sait jamais développé.

J’entends les mots qu’elle me dit, mais je ne réalise pas et je ne comprends pas. Pour moi, cela fait 7 semaines que je suis enceinte, j’ai des symptômes de grossesse, je me visualisais ce deuxième bébé et pourtant je suis vide ….. Je suis totalement déboussolée… Je me rhabille, puis le médecin nous demande de la rejoindre dans son bureau. Le médecin nous dit qu’il va falloir interrompre « la grossesse ». Elle me prescrit un médicament, que je vais devoir prendre chez moi dès le lendemain. Je dois donc prendre, le matin, un cachet en 2 prises successives, accompagné d’anti-douleurs, qui va me déclencher des contractions afin d’évacuer l’œuf clair. J’ai du mal à trouver les mots pour expliquer encore aujourd’hui ce que j’ai ressenti ce jour-là. C’était une sorte de journée hors du temps. J’ai fais en sorte que cette journée soit la plus douce possible. Nous avons fait gardé Flavien par ses grands-parents, mon mari est resté tout prêt de moi, j’ai mis de la musique zen pour essayer de me détendre. Dès le soir, l’œuf était évacué. J’ai trouvé ça totalement fou de me sentir enceinte, puis tout d’un coup de ne plus l’être…

Si je vous parle en détail de cette étape de notre parcours, c’est qu’en écrivant ces mots, j’ai aussi envie de casser les a-priori qu’il peut y avoir concernant la PMA. Pour certains, la PMA est une solution de « facilité » pour des couples « impatient »en manque d’enfant et ne se rendent pas compte de la difficulté du parcours. Le parcours est semblable à des montagnes russes, on peut monter être plein d’espoir à l’approche de notre insémination ou de notre FIV, mais on peut être aussi au fond du trou parce que des résultats ne sont pas bons, que notre protocole a échoué et qu’on doit tout recommencer. Et cela peu importe le temps d’attente et la longueur du parcours que ce soit 1, 2, 3 ou même 10 ans, les épreuves traversées sont autant douloureuses pour les femmes et les couples qui les vivent. Et le parcours n’a pas toujours comme résultat un bébé tout rose dans les bras. Vous pouvez aller écouter le témoignage d’Elodie dans le podcast Bliss : Quand l’enfant n’arrive pas . J’espère de tout cœur que cela vous permettra de changer votre regard sur la PMA.

Avec le recul, je sais que j’aurai du prendre plus de temps pour « digérer » la nouvelle et faire mon deuil de ce bébé que je n’aurai jamais. Mais sur le moment, tout ce que je voulais c’était être enceinte et avoir ce bébé que je n’avais plus. Ce qui fait que j’ai attendu un cycle puis nous avons repris le protocole d’insémination. je reprends donc le rythme des aller-retour à l’hôpital pour les échographies et les prises de sang tous les deux jours, et celui des injections. Ce cycle a été le plus long et le plus dur physiquement. En plus des injections de stimulation ovarienne, j’ai eu des injections pour bloquer l’ovulation, puis des injections de déclenchement. A chaque injection des bleus sur le ventre. Puis les effets secondaires : fatigue, sautes d’humeur, nausées,… Un avant gout d’une grossesse mais sans être sûre que le résultat sera au rendez-vous! 15 jours après l’insémination, un test positif. Cette fois, nous ne nous sommes pas emballés. Nous avons attendu la première écho pour être rassurer et nous avons été très émus lorsque nous avons vu l’embryon et le cœur qui bat! Et 9 mois plus tard, naissait notre petit chat Maïeul !

Vous écrire ces deux articles m’a beaucoup remué. Je me suis enfin sentie prête à poser des mots sur mes maux. Je pense que si c’est le cas c’est que j’ai pris la décision, soutenue par mon mari, de tourner définitivement la page de la PMA . Nous aimerions avoir d’autres enfants, mais nous ne repasserons pas par là. Nous laisserons la vie choisir pour nous. Si on a un autre enfant on sera très heureux et si ce n’est pas le cas nous serons aussi très heureux. Ça n’a pas été une décision facile à prendre, mais elle était nécessaire.

Je vais parler en mon nom mais, le parcours de la PMA a été particulièrement douloureux pour moi dans mon « devenir maman ». Je prends le temps de travailler dessus encore aujourd’hui, mais je ne me suis pas sentie légitime pendant longtemps à être une maman car j’avais l’impression d’avoir forcer le « destin ». En effet, après deux inséminations, j’ai eu deux accouchements déclenchés, l’un et l’autre n’étant lié en rien, mais je les ai vu comme des signes que mes enfants ne voulaient pas être là….

Malgré les années d’attente, les difficultés du parcours, les injections, les effets secondaires, et ma difficulté à me sentir « leur maman », je me sens infiniment chanceuse d’avoir des deux petits garçons auprès de moi car sans la PMA, je ne les aurai pas eu. C’est très paradoxal car même si j’ai cette sensation qu’ils ne voulaient pas être là, ils sont aussi là à leur juste place, ils sont venus compléter chacun leur tour notre famille et c’est un magnifique cadeau!

 

 

 

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